«Il y a 6 ans je n'étais pas encore catholique. A l'époque je croyais que Jésus était un homme gentil de Galilée. Et que le Saint Père est un grand inquisiteur.» C’est ainsi que débute le beau témoignage de Barbara Wenz, journaliste allemande convertie au catholicisme. Son témoignage, «LE PAPE DE MA VIE» se trouve sur le site «Benoît et moi». J’en donne ci-après deux extraits.
Dom Romain
LE SERRURIER ITALIEN : « C'est par un beau jour de printemps, alors que j'étais chez mon serrurier italien pour parler de l'échafaudage pour une pergola, que je reçus une indication décisive. Dans l'atelier était accrochée une carte postale d'un Benoît souriant. « Oh, Benedetto ! », dis-je en montrant la carte. Si j’avais vu une carte avec un autographe de Michael Schumacher, qui roulait encore à l'époque pour Ferrari, j'aurais dit : « Oh, Michael Schumacher! ». Faire de l'un ou de l'autre un sujet de conversation, en tant qu'Allemande, ça créait un sentiment de communauté. On aurait pu à ce moment-là retourner à la pergola pour mes roses, mais mon serrurier était un fan. Non seulement il m'expliqua fièrement qu'il avait ramené la carte avec photo directement d'un pèlerinage à Rome, mais en plus il grimpa sur un tabouret pour la décrocher. Prudemment il la prit entre ses mains calleuses tachées de suie et d'huile, pour que je puisse examiner de plus près le pape souriant. « Il Papa », dit-il tendrement en rayonnant. « Une si belle photo de lui ! Ce sourire ! Si aimable et si bon! ». Ma réponse standard pour les Italiens passionnés est « Bellissimo ! ». C'est le superlatif. Avec ça, exprimé avec quelque enthousiasme, on ne peut rien faire de faux, comme Allemand en Italie. Donc je m'écriai : « Bellissimo ! ». Et pour cette fois je le pensais aussi. Mon intérêt était éveillé depuis longtemps : qui était vraiment cet homme ? Je pris l'habitude d'écouter l'Angélus à la radio, je lus le catéchisme, les homélies, et différents livres du pape. Je découvris Ratzinger, le théologien brillant, et Benoît, le guide spirituel, dont la proclamation montre d'une façon claire et transparente le chemin vers Celui qu'il représente sur Terre selon la tradition catholique »
LA CAVERNE DE PLATON : « C'était une période excitante. L'époque « Pilate » de ma vie - qu'est-ce que la vérité ? - avait duré 40 ans. Maintenant je me sentais comme l'homme de la caverne de Platon quand on le sort des ténèbres remplis de fantômes, et le mène vers la lumière. L'homme qui fait le premier pas hors de la caverne de Platon va fermer les yeux aussi fermement que possible, par réflexe. Mais il peut sentir le parfum des fleurs et l'arôme des herbes qu'un vent tiède apporte. II entend le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes. Peut-être qu'il s'agenouille, qu'il touche la terre qui exhale de la chaleur, qui porte et qui sent bon. La force des rayons du vrai soleil réchauffent d'abord le sommet de son crâne et sa tète, s'avance vers son cœur pour enfin le remplir entièrement. Il a encore les yeux fermés, mais les ténèbres avec leurs pâles fantômes ont reculé et il peut percevoir plus de choses et plus intensément que jamais auparavant dans sa vie. »