Homélies du Père Jérôme Jean

26 avril 2011 | 21h44

2e dimanche de Pâques (Jn 20, 19-31) - Il est à portée de main

J’imagine St Jean. Il est très âgé. Des milliers de fois, il a raconté ce qui s’était passé. Et des milliers de fois on lui a posé les mêmes questions : Comment Jésus est-il mort sur la croix ? Comment cela s’est-il passé quand vous n’avez plus trouvé son corps ? Quand l’as-tu revu pour la première fois ? Jusqu’à la fin de sa vie, St Jean a rapporté ce qu’il a vu. Il fut le dernier témoin oculaire, il mourut très âgé, de mort naturelle, à la fin du 1er siècle.

St Jean n’a pas écrit tout ce qu’il a vu. Il a noté et retenu ce qui lui paraissait important. Voici le souvenir qu’il a retenu du jour de Pâques : Les disciples avaient peur. Car les premiers temps furent une époque de persécution. Alors ils ont fermé les portes. Ils se comptaient, car il y avait des défections, des abandons ou des disparitions. Et pourtant, malgré les portes fermées, Jésus se tint soudain au milieu d’eux !

St Jean veut dire que la présence de Jésus-ressuscité est surtout éprouvée, ressentie, expérimentée, dans le cadre d’une rencontre communautaire. Ils sont ensembles, le premier jour de la semaine, réunis, en Eglise, comme nous le dimanche ! Cette communauté est composée d’hommes qui ont des doutes. Ce ne sont pas des exaltés illuminés par le soleil de midi, ou des sabrés du bocal ! Mais bien de simples hommes réunis pour partager leur foi et leur espérance. St Jean se souvient de la joie inoubliable qu’ils éprouvèrent alors, quand ils virent le Seigneur.

Et St Jean se rappelle bien aussi le fameux épisode de Thomas. Thomas le retardataire qui déclara : « Si je ne vois pas, je ne croirai pas ». On a envie de lui jeter une pierre à ce Thomas. Et pourtant, un peu de bons sens ! Combien de peintres l’on représenté, incrédule, le visage dubitatif, enfonçant un doigt inquiet dans le coté de Jésus ? Je pense que Thomas ne mérite pas pareilles représentations. Pourquoi donc ? Parce qu'il n’a pas eu besoin de vérifier une évidence ! Car c’est bien une évidence que Jésus-ressuscité
porte les marques de la Passion. Jésus est troué aux mains, aux pieds et surtout sur le côté. Jésus ressuscité porte toujours les marques de sa Passion ! Cela veut dire que la résurrection ne gomme pas la mort, ne l’efface pas ! La résurrection n’efface pas le corps de la personne !

CELUI QUI EST RESSUSCITE, C'EST CELUI QUI ETAIT MORT !
LE CORPS QUI S’EST RELEVE, C’EST LE CORPS QUI ETAIT MORT !

Ainsi, le sommet de notre foi, son extrême, est de croire en la résurrection des morts (à la fin des temps) et en la vie éternelle (de l’âme et du corps).

C’est pour cela que nous affirmons dans le Credo croire en « la résurrection de la chair ». La "résurrection de la chair" signifie qu'il n'y aura pas seulement,
après la mort, la vie de l'âme immortelle, mais même nos "corps mortels" ( Rm 8,11 ) reprendront vie ! Croire en la résurrection des morts a été dès les débuts un élément essentiel de la foi chrétienne. (Tertullien)

Aujourd’hui, il y a une grande confusion entre RESURRECTION et REINCARNATION. SELON NOTRE FOI : IL N'Y A PAS DE "REINCARNATION" APRES LA MORT ! Il n’y a pas d’incarnation dans un nouveau corps d’une âme qui aurait été unie à un autre corps. Ainsi, pour nous, la mort, c’est bien la fin du pèlerinage terrestre de l'homme,
la fin du temps que Dieu lui a offert pour décider de son destin ultime.

Le Concile disait : Quand a pris fin "l'unique cours de notre vie terrestre" ( LG 48 ), nous ne reviendrons plus à d'autres vies terrestres. Et la lettre au Hébreux : "Les hommes ne meurent qu'une fois" ( He 9,27 ).

Le Cardinal Daneels disait synthétiquement lors d’un de ses séjours à Sion : La réincarnation : c’est l’homme qui tente de se sauver par son seul mérite.
C’est chercher le salut sans le secours de Dieu. La résurrection, au contraire, c’est l’homme qui est sauvé par Dieu. Le salut est alors un don. Et la grandeur de l’homme, c’est de collaborer à ce don.
 

 

Merci Seigneur pour St Jean, témoin oculaire des évènements qu’il rapporte.
Merci Seigneur pour ta présence réelle au milieu de nous.

Merci pour frère Thomas, qui doute, un peu comme moi, comme nous tous.

Merci pour mon corps, temple de l’Esprit,
corps qui fait partie intégrante de ma personne,
laquelle personne ressuscitera à la fin des temps,
pour partager, je l’espère ta gloire éternelle.

En attentant ce beau jour, aide-moi Seigneur,
à la suite de Thomas, à dire, en te reconnaissant dans les signes où tu te donnes :
Mon Seigneur et mon Dieu ! Amen.

 

Père Jérôme Jean


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