Vols en série
Anders Behring Breivik tient sa tribune. Chaque jour, il distille ses...
Messe de Noël (Lc 2, 1-14).
«Un enfant nous est né, un fils nous a été donné». C’est Noël!
L'événement incontestablement le plus important de l'histoire du monde: la venue de Dieu sur la terre. «Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi».
De fait, c’est bien un astre de lumière qui descend du Ciel, comme une étoile filante qui nous rejoint dans notre obscurité pour nous apporter la lumière et la chaleur. Oui, aujourd’hui, c’est vraiment le Ciel qui est descendu sur la Terre, le Ciel dans ce qu’il a de plus lumineux.
Entendez comme c’est beau: Le ciel et la terre se sont donnés rendez-vous. Les extrêmes se sont rejoints dans cet infini qu’est le Fils de l’homme, le Fils de Dieu, Jésus, l’enfant de la crèche. Oui, vraiment, les cieux se déchirent en ce moment et la gloire du Seigneur illumine la nuit du monde. Désormais nous ne sommes plus seuls dans la nuit, Dieu-est-avec-nous et il nous enveloppe de sa lumière et de sa grâce.
Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple: aujourd’hui vous est né un sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Venez, adorons- Le!
A qui cette bonne nouvelle est-elle annoncée? Aux rois? Aux prêtres? Aux puissants de ce monde? Etonnement! ce ne sont pas les grands et les puissants qui sont avertis, mais, vous l’avez entendu, de simples bergers…Quand on pense à la réputation de ces hommes - grossiers et peu versés dans les Ecritures -, on croit rêver: comment annoncer un évènement pareil à tels gens…
Nous sommes tellement habitués à cette histoire que nous oublions ce qu’elle a de choquant. Non seulement le Ciel ne respecte ni la hiérarchie ni le protocole, mais il s’adresse à des gens de croyance et de mœurs douteuses pour annoncer l’avènement du Messie!
Au cumul, après l’annonce faite à une Vierge, comment voulez-vous que cette affaire soit crédible? Le Messie de Dieu serait annoncé à des bergers quelque part au fin fond de la Palestine? Et où est-il donc ce Messie? Va-t-il descendre des cieux porté sur les nuées et entouré d’une multitude d’Etres célestes? Pas du tout! «Voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire»! On croit rêver. Le «Messie», le «Seigneur», le «Sauveur», «couché dans une mangeoire»???, «car il n’y avait pas de place dans la salle commune pour sa mère qui devait enfanter». Voilà donc le signe de la grandeur, un bébé sur la paille?
Affirmons-le avec force, Dieu a clairement choisi son camp. Et son choix est pour nous invraisemblable! Entre les grands de ce monde qui déploient insolemment leur luxe et exercent orgueilleusement leur pouvoir, et les petits qui sont obligés de chercher un abri au milieu des animaux, Dieu n’hésite pas. Le Sauveur du monde a voulu naître d’une jeune fille de modeste condition, donnée en mariage à un simple artisan d’une bourgade inconnue de Galilée. C’est dans ce foyer apparemment quelconque, sans ambition, tout simple, que «la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes».
C’est très original de la part du Créateur de devenir créature dans ces conditions, Et c’est en plus très paradoxal: Tandis qu’à Rome, à l’exact même moment, César se fait Dieu, à Bethléem, Dieu se fait homme! Tandis qu’à Rome l’empereur veut compter tout le monde, A Bethléem, Dieu nous rappelle que tout le monde compte! Surtout les plus faibles et plus pauvres.
Comment comprendre cette folie d’un Dieu qui s’abaisse jusqu'à se faire homme dans de telles conditions?
Eh bien, je suis convaincu que cette histoire ne se comprend que dans la foi. En cette nuit de Noël, dans l’obscurité d’une crèche, Dieu s’est comme proportionné à l’homme. Dieu est présent, avec le visage d’un enfant sans défense pour ne pas violenter ni effrayer l’homme habitué à être brutalisé. Entendez cette délicatesse! Dieu s’est fait enfant-innocent, car il se propose à l’humanité sans violence, sans obligation, mais avec une infinie douceur et une adorable candeur. Il est déjà l’image de l’amour authentique, révélation de l’Amour même de Dieu.
mais voilà que l’on peut déjà s’interroger. Comment faire pour devenir l’ami de Dieu? Comment faire une alliance d’amour avec lui? Comment accueillir son message très concrètement?
L’évangile de ce jour nous répond. Un signe est donné aux bergers pour identifier l’enfant: vous le trouverez emmailloté et couché dans une MANGEOIRE. Je suis convaincu que c’est tout à fait révélateur que Dieu soit venu au monde dans une mangeoire. Car le Dieu des chrétiens est un Dieu qui se donne en nourriture. Comment faire grandir en soi la présence de Dieu? Comment se remplir d’amour jusqu’à en déborder hors de soi ? en l’assimilant. En le mangeant.
«Nous sommes ce que nous mangeons» disait un philosophe grec. Eh bien c’est vrai! Si nous mangeons le Corps du Christ, nous devenons ce que nous mangeons: Corps du Christ. En communiant au corps du Christ, nous nous divinisons. Dieu peut librement grandir en nous. Et l’amour peut ainsi s’épanouir de nous jusqu’au-delà de nous-mêmes.
Merci Seigneur pour la lumière de Noël!
Merci pour nos familles ici rassemblées.
Merci pour la joie des bons repas et des cadeaux. Nous sommes gâtés.
Seigneur, tu veux que notre joie soit parfaite, alors nous sommes invités à nourrir le Dieu qui est présent en nous. A prendre du temps dans notre quotidien pour prier, écouter et nourrir cet «enfant-Dieu» qui dort en nous.
Seigneur, je le crois dans la foi, pour te recevoir il faut t’accueillir là où tu te donnes,
dans le pain de vie, dans l’eucharistie, dans l’hostie offerte par amour.
Seigneur, tu te donnes en nourriture, pour grandir en nous,
pour nous donner l’amour qui nous permettra de nous aimer les uns les autres.
Alors, forts de ce pain de vie, nous ne mourrons plus,
Alors nous serons des Vivants,
Alors nous serons dans la joie et dans la paix. Amen.
Père Jérôme Jean