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Le journal satirique Vigousse accusé d´antisémitisme

Genève, 2 février 2010 (Apic/Réd.) - Le nouveau périodique satirique romand  Vigousse serait-il antisémite ? C´est du moins ce qu´a affirmé le 27 janvier Me Alain Bruno Levy, président de la Coordination Intercommunautaire contre l´Antisémitisme et la Diffamation (CICAD).

Me Alain Bruno Levy s’est attaqué à Vigousse à l´occasion du vernissage de l´exposition de Genève-Palexpo dédiée à la mémoire de l´Holocauste. L’organisme accuse le journal de propos antisémites. Le rédacteur en chef Thierry Barrigue refuse de s’excuser.

L’avocat de la CICAD s´est dit « révolté » face aux propos antisémites tenus par le nouveau périodique satirique romand Vigousse. Non seulement il a dénoncé la comparaison établie dans un de ses articles entre nazis et Israéliens, mais il a également pointé du doigt l´usage du terme de « juiverie » par un des journalistes du périodique à la radio.

La direction de Vigousse réagit

Le rédacteur en chef de Vigousse, Thierry Barrigue, et son adjoint, Patrick Nordmann, ont répondu à la CICAD être « consternés » de constater la pratique d´amalgame qu´elle fait entre « l´Etat d´Israel et la religion juive au nom des souffrances passées et des persécutions subies. »

Thierry Barrigue estime qu´on peut rire de tout, les juifs ayant eux-mêmes été les premiers à faire de l´humour sur leur sort. « Je ris de l´humanité car je n´ai plus envie d´en pleurer », a déclaré le sexagénaire qui, depuis 36 ans, a autant caricaturé les juifs que les Palestiniens. Dans le conflit israélo-palestinien, le rédacteur de Vigousse a même avoué être plutôt « pro-israélien » et détester l´humoriste Dieudonné, connu pour son humour contre les juifs.

« Des limites à ne pas franchir »

Me Alain Bruno Levy est revenu sur le débat. Se disant « fervent adepte de l´humour », il a maintenu la présence de frontières à ne pas franchir : « on ne peut pas rire de l´esclavage des Noirs, on ne peut pas rire de la persécution des Juifs dans la Shoah... ». Dans les interdits toujours : on ne peut pas non plus utiliser le terme de « ghettos » pour parler de la position des Palestiniens : « On peut imaginer qu´il y a eu des crimes, qu´il y a des crimes comme dans toute guerre, ce qui ne veut pas dire qu´il y a une forme comparable à la Shoah ».

 
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