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Le docteur Philippe Mercier témoigne de sa foi au pèlerinage interdiocésain de Suisse romande à Lourdes

 
  Le docteur Philippe Mercier confirmé par Mgr Denis Theurillat.

Lausanne, 28 mai 2010 (J.-B. W.) – Les 2200 pèlerins et soignants du pèlerinage interdiocésain ont accompagné 250 malades à Lourdes du 17 au 21 mai. Venus des cantons romands, ils ont notamment été marqués par le témoignage de foi, prononcé spontanément par le docteur Philippe Mercier à l’occasion de sa confirmation.

Intégré à l’équipe des médecins de pèlerinage suisse depuis sept ans, le docteur Mercier a reçu le sacrement de la confirmation à l’église Sainte Bernadette : « J’ai trouvé à Lourdes une folle énergie d’amour qui s’expriment autant par des mots que des gestes », a-t-il souligné, avant d’être confirmé par le président du pèlerinage suisse, Mgr Denis Theurillat, évêque auxiliaire du diocèse de Bâle.

La démarche du docteur Mercier vers Lourdes a débuté il y a sept ans, a-t-il raconté au début de la messe de sa confirmation. « Poussé par je ne sais quelle force, j’ai appelé le docteur Francis Rime, médecin-chef du pèlerinage romand, pour faire partie de l’équipe des médecins », a-t-il raconté avec beaucoup d’émotion. Le médecin de Bulle (FR) a raconté de façon spontané, sans notes, son itinéraire de foi : « Vaudois d’origine réformée, j’ai reçu une éducation religieuse où la culpabilité avait remplacé l’amour, où nous n’en faisions jamais assez pour Dieu ».

Du Dieu-censeur au Dieu-amour

A Lourdes, le docteur Mercier a découvert un Dieu-amour. « Je ne connaissais, alors, qu’un Dieu-censeur. « L’année passée, à la basilique Saint Pie X, je me suis laissé envahir, yeux dans les yeux, par une force spéciale de lumière et d’amour. Ce jour-là, j’ai trouvé de quoi poursuivre mon parcours de vie, que je veux désormais axer sur le don et l’apprentissage à recevoir d’autrui. Ma mission, je la réaliserai au sein de l’Eglise catholique ! »

Philippe Mercier a terminé par cette prière : « Seigneur Jésus, tu es venu dans le monde pour mourir et j’ai péché contre toi. Je vais mettre ma confiance en toi. Merci de me pardonner mes péchés. Merci d’avoir répondu à ma prière ». Ce témoignage a ému une foule de pèlerins, qui avaient plaisir, tout au long de la semaine, à lui exprimer toute leur amitié.

Dans la nuit à la Grotte

Emu avant de recevoir l’Esprit-Saint en début de semaine, le docteur Mercier a pleinement fait ressentir sa joie les jours suivants. Chaque nuit, il passait de longs moments auprès des veilleuses et veilleurs de l’Hospitalité au chevet des 200 patients suisses. Chaque nuit, il a soigné, parlé et… fêté avec ces hospitaliers, heureux de partager le verre de l’amitié, leur délicieux casse-croute, des rires et des discussions, avec parfois des malades insomniaques. Et vers trois heures – c’est devenu un rite pour beaucoup de veilleurs de malades – il partait avec certains pour visiter Marie à la Grotte, méditer et prier ensemble, quasiment seuls dans le silence troublé par le ruisseau qui coule et face aux grands cierges qui illuminent le site.

Les soignants se soignent le cœur à Lourdes

Pour les 500 soignants bénévoles du pèlerinage suisse – une minorité de professionnels de la santé – c’est une grâce de venir une semaine auprès des mal-portants de leur canton. « Nous nous soignons l’âme à travers l’aide médicale et fraternelle que nous leur accordons. Les forces puisées devant la Grotte, ou durant les cérémonies, dans nos relations avec les malades, les hospitaliers et les journalistes, cela nous dynamise et nous aide à cheminer chaque jour. Cela nous apporte du bonheur, expliquent Fabienne Chenaux, mère de famille valaisanne, et Pierino Lardi, banquier grison. »

Pour Yolande Roh, magnétiseuse, « Lourdes nous permet de repartir d’un pied plus sûr dans notre vie ; et quand les malades repartent, c’est comme s’ils avaient retrouvé la paix en eux-mêmes, c’est un miracle ».  

Sourires et gentillesses de jeunes filles

Parmi ces hospitalières, un groupe d’une quarantaine de jeunes filles sème une collection de sourires dès l’arrivée du train des malade à la gare de Lourdes. Plus tard dans la semaine, elles nouent des relations plus étroites avec un ou une malade à qui elles adressent de petits mots et gestes d’amitié.

Quelques unes de ces collégiennes sud-américaines et européennes de l’internat du Châtelard sur les hauts de Montreux se sont confiées aux reporters du journal Le Matin : « Tu aides quelqu’un et tu te sens mieux », raconte Mariu, 16 ans. A Lourdes, je me sens comme à la maison, je rencontre beaucoup de personnes très heureuses et je ressens une grâce intérieure », confie Luly, 16 ans. Pragmatique, Aoife, 17 ans, apprécie d’aider les personnes âgées à manger.

Un bien peut naître du mal

Les pensionnaires du Châtelard, lors de la célébration du sacrement des malades, étaient aux côtés des prêtres administrant l’huile bénite aux personnes mal portantes. « Pèlerins et malades, vous avez accepté d’ouvrir votre cœur et d’être aidés par Dieu », a salué Mgr Rémy Berchier, directeur du pèlerinage interdiocésain. « Le mal n’est pas la fin de tout et un bien peut s’y greffer », a souligné l’abbé Pierre-Yves Maillard, dans son homélie.

A la veille de quitter Lourdes, « l’étape la plus difficile » reste à accomplir, a relevé l’abbé Nicolas Bessire, à la messe d’envoi. « Nous sommes désormais invités à aimer l’autre, le faire exister, donner notre vie pour qu’elle fructifie et devienne extraordinaire ; car tout ce qui n’est pas donné est perdu, disait Mère Teresa ».

 

 

 
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