Catholink - Le portail francophone des catholiques de Suisse. c@tholink
Case postale 600
1001 Lausanne - Suisse
T. +41 21 613 23 23
F. +41 21 613 23 24
E. info@catholink.ch
 
accueil >>  information >>  dossiers >>  catholiques/réformés

catholiques/réformés

Lettre ouverte des catholiques bâlois aux Eglises soeurs

Bâle, 31 août 2007 (Apic/Réd.) – Sans oecuménisme, aucune Eglise n'est une Eglise de Jésus Christ. C'est ce qu'affirment le comité du décanat catholique de Bâle-Ville et la présidente du Conseil de l'Eglise catholique de Bâle-Ville (RKK), Gabriele Manetsch, dans une lettre ouverte adressée aux Eglises sœurs.

Ce document fait suite à celui de la Congrégation pour la doctrine de la foi "sur certains aspects de la doctrine de l'Eglise" et aux réactions qui s'en sont suivies. Les signataires de la lettre ouverte affirment avoir été irrités sur la façon dont le Vatican considère les Eglises sœurs:.

"Dans le document, rien n'apparaît sur la pratique œcuménique dans le contexte actuel". Les différences entre catholiques et réformés sont connues, relèvent les signataires, qui attendent de l'Eglise une attitude allant dans un sens davantage œcuménique, à savoir chercher ce qui est commun et respecter les différences de l'autre Eglise. Ils se basent sur la charte œcuménique de 2001 pour assurer les Eglises sœurs de leur volonté de poursuivre et de développer la collaboration entre les Eglises en Europe.



Lettre ouverte du président de la FEPS à Mgr Koch, président de la CES

 

 

Le pasteur Thomas Wipf.

Berne, 23 août 2007 (Apic/Réd.) – L’oecuménisme demeure une mission et une exigence, estime Thomas Wipf, président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS). Il répond à la lettre ouverte sur la situation œcuménique actuelle de Mgr Kurt Koch, président de la Conférence des évêques suisses (CES), et évêque du diocèse de Bâle.

A son tour, le président de la FEPS a adressé au président de la Conférence des évêques suisses une réponse personnelle à sa lettre ouverte publiée le 7 août. En neuf pages, Mgr Kurt Koch y avait soulevé diverses questions relatives à la conception de l’Église et au dialogue œcuménique. Le pasteur Wipf qu’un dialogue œcuménique fructueux entre partenaires égaux rend indispensable une reconnaissance comme Églises. Pour les communautés protestantes, il s’agit même d’une condition au dialogue œcuménique.

"J’ai la conviction que le dialogue œcuménique fait partie de notre vocation chrétienne et que nous avons besoin d’une collaboration à tous les niveaux si nous voulons être en mesure d’affronter les problèmes", écrit Thomas Wipf. Il rappelle que la coexistence et la collaboration entre les Églises protestantes et l’Église catholique romaine sont déjà des réalités depuis longtemps en Suisse dans plusieurs domaines.

Renforcement du dialogue nécessaire

"L’échange œcuménique de ces dernières semaines a montré la nécessité d’un renforcement du dialogue sur les présupposés de la conception de la communauté œcuménique". Outre les rencontres régulières entre la FEPS et la Conférence des évêques suisses, relève le président de la FEPS, il existe une Commission de dialogue protestants / catholiques romains qui est devenue depuis de nombreuses années un moyen indispensable du dialogue entre les Églises.

Par ailleurs, poursuit-il, en bien des endroits, la communauté œcuménique est une réalité vécue de manière toute naturelle par les paroisses. Les Églises sont conscientes qu’elles ont avant toute chose une mission à accomplir envers le monde et pour le monde, et c’est là leur tâche primordiale. "Cette tâche ne peut s’accomplir que conjointement, et c’est pour cela que l’œcuménisme est une mission et une exigence. La FEPS poursuit résolument le cheminement œcuménique sur une voie commune".

 

OEcuménisme: vers un temps de crise?

Lausanne, 9 août 2007 (24heures/Ph.B.) - Quand on parle de crise, on se réfère au mot grec krisis, qui veut dire "décision". Dans le monde médical, on parle de crise ou d'état critique pour qualifier ce moment d'une maladie caractérisé par un changement qui pourrait être décisif. En bien ou en mal. La crise requiert donc une disponibilité plus radicale, une attention plus vive.

Ce qui se joue dans l'événement nous concerne en premier chef, mais ne nous appartient pas. Catholiques et protestants devraient-ils se regarder de travers parce que "l'oecuménisme est en crise"? Ou s'interroger plus gravement, coeur à coeur et les yeux dans les yeux? Ceux - ils sont nombreux - qui pouvaient penser que la ferveur oecuménique consistait, pour les protestants, à devenir catholiques, et, pour les catholiques, à devenir protestants, en seront dépités. La lettre franche de Kurt Koch à Thomas Wipf, si l'on prend soin de la lire, s'inscrit dans ce moment critique où dire ce que l'on ressent devient nécessaire à plus de vérité. Dommage pour ceux qui, négligeant de nettoyer leurs lunettes, n'y verront que provocation. Les catholiques ne sont pas tous des rhinocéros et peuvent aussi avoir la peau sensible.

Combien de fois ne m'a-t-il pas fallu, ces jours-ci, expliquer à des amis chrétiens des deux confessions, vivement heurtés par un récent document romain, que le refus du "relativisme" n'équivalait pas à la proclamation d'une autosuffisance ecclésiale? En affirmant que "subsiste en elle" la fidélité historique au Christ, l'Eglise romaine ne refuse pas cette fidélité aux autres Eglises. Mais il n'est pas nécessaire d'être maître en théologie pour savoir que, d'un point de vue catholique, la non-reconnaissance de l'autorité de l'évêque de Rome dans la communion des Eglises (du côté des Eglises orthodoxes) et la question de la dimension sacramentelle du ministère apostolique (du côté des Eglises issues de la Réforme) constitue une difficulté pour reconnaître, dans les autres confessions, la plénitude des caractères qu'elle croit nécessaires et fondamentaux à l'Eglise du Christ. Sinon, il y a longtemps que l'unité serait un fait entre toutes les Eglises qui confessent Jésus Christ.

Je n'ai pas caché, quant à moi, combien je considérais pastoralement maladroite et non nécessaire, sous nos ciels gris, la publication d'un tel document. Mais avoir foi au "dialogue oecuménique", c'est aussi admettre qu'après avoir exploré tout ce que nos Eglises ont en commun, le moment est peut-être venu maintenant d'examiner avec un regard neuf nos divergences: pour mieux discerner en quoi elles nous distinguent et nous enrichissent, sinon nous séparent.

Notre chemin oecuménique ne peut être parcouru sans la rencontre de ce que Paul Tillich appelle "le principe protestant" et "la substance catholique", le premier étant la force de protestation qui refuse d'identifier un élément quelconque de la réalité humaine ou historique avec Dieu, et la seconde, l'affirmation non moins provocante de la Présence de Dieu en ce qui peut paraître bien trop humain: des sacrements, des textes et une institution. Et ces deux registres, si facilement déviants, sont nécessaires à la pleine expression du mystère chrétien. "

Abbé Philippe Baud

 

Lettre ouverte de Mgr Kurt Koch sur l'avenir de l'oecuménisme en Suisse

 

 

Mgr Kurt Koch.
© CES

Fribourg, 7 août 2007 (CES/Réd.) - Mgr Kurt Koch, président de la Conférence des évêques suisses (CES),  a envoyé aujourd'hui une lettre ouverte publiée sur l'internet au sujet de l'état actuel de l'oecuménisme en Suisse et adressée au pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS).

Le document publié récemment par la Congrégation vaticane pour la Doctrine de la Foi « Réponse à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Eglise », ainsi que les prises de position partiellement déçues qui l’ont suivi - notamment du côté évangélique réformé - ont amené Mgr Kurt Koch à rédiger la lettre ouverte (à lire ci-dessous : en allemand seulement). Le document du Vatican a provoqué des irritations dans le camp œcuménique, ce que Mgr Koch regrette. Selon lui, dans certains cas, les irritations oecuméniques ont toutefois aussi été provoquées du côté réformé.

L'oecuménisme au quotidien

Au quotidien, les Communautés de foi issues de la Réforme sont bien évidemment considérées comme Eglises. Mais au-delà de l’oecuménisme vécu, il faut toutefois laisser aux catholiques de débattre autour de la compréhension spécifiquement théologique de l’Eglise. Cette compréhension catholique se distingue en particulier de la vision protestante pour ce qui est des questions concernant le ministère sacramentel de l’Ordre et la Succession apostolique. Vues sous cette angle, les Eglises évangéliques réformées ne se comprennent pas comme Eglises dans le même sens que l’Eglise catholique.


Dialogue entre les Eglises reste indispensable

L’Eglise catholique mise entièrement sur une poursuite du dialogue théologique. Les deux aspects – oecuménisme vécu et débat théologique - sont indispensables dans nos relations. Mgr Koch souhaite que les Eglises réformées en Suisse restent en dialogue avec l’Eglise catholique pour poursuivre ensemble le chemin oecuménique jusqu’ici entrepris. Le progrès oecuménique est indéniable et les discussions ouvertes peuvent en faire partie.

Version intégrale de la lettre de Mgr Kurt Koch (traduction française)





Lettre ouverte de l'Eglise catholique de la ville de Lucerne sur l'oecuménisme

Lucerne, 12 juillet 2007 (Apic/Réd.) – Des responsables de l'Eglise catholique de la ville de Lucerne réagissent négativement au document du Vatican à propos de « certains aspects de la doctrine sur l’Eglise », publié en début de semaine par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ils soulignent leur attachement à l'œcuménisme.

Dans un document publié sur son site internet (www.kathluzern.ch) et adressé aux membres des Eglises évangélique réformée et catholique chrétienne, des responsables de l'Eglise catholique de la ville de Lucerne déclarent vouloir poursuivre un « oecuménisme du dialogue, de la diversité vivante ». Hans-Rudolf Häusermann, co-responsable du décanat, et Teres Steiger-Graf, présidente du Conseil de paroisse, disent tenir à une collaboration sur une base d'égalité avec les Eglises sœurs.
Ils se disent concernés et fâchés par le dernier document du Vatican. « Nous regrettons que des chrétiennes et des chrétiens d'autres Eglises soient discriminés par des responsables dans nos Eglises », écrivent-ils. Les signataires prennent leurs distances avec le document romain, en affirmant que « le signal de Rome nous renforce encore dans notre effort, en tant qu'Eglise locale, de poursuivre l'œcuménisme dans la pratique ».

Les signataires de la lettre ouverte déplorent que l'on argumente, dans un dialogue entre chrétiens, avec une disqualification et une dévalorisation du partenaire, rappelant cette phrase de Jésus: « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? ».

Déçus par Mgr Kurt Koch

Hans-Rudolf Häusermann et Teres Steiger-Graf se disent finalement déçus que leur évêque, Mgr Kurt Koch, ait soutenu sans réserve le document romain sans en avoir parlé avec les responsables engagés dans la pastorale et avec les fidèles, qui vivent l'œcuménisme à la base. « Les expériences de foi de la plupart des catholiques dans son diocèse ne correspondent pas à son point de vue », ajoutent-ils. Ils rappellent que lors du Synode 72, les catholiques suisses ont pris le chemin d'un oecuménisme de partenaires et qui engage.

Les Eglises du canton de Lucerne, concluent-ils, ont scellé avec leur signature leur volonté d'une collaboration œcuménique renforcée dans l'esprit de la charte œcuménique européenne, la « Charta Oecumenica ». Ils disent « prendre au sérieux ces engagements et espèrent que malgré tous les obstacles, ils pourront poursuivre, par des pas concrets, sur le chemin de l'unité des chrétiennes et des chrétiens dans la pluralité des Eglises ».



Oecuménisme remis en question selon la Fédération des Eglises protestantes de Suisse

Berne, 10 juillet 2007 (Apic/Réd.) – La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) prend position sur le nouveau document romain, publié mardi 10 juillet par le Vatican. Pour la FEPS, les acquis de l’œcuménisme sont remis en question par la prétention à l'exclusivité de l’Eglise catholique romaine.

La FEPS estime note qu’ « une fois de plus, le Vatican tente de dénier aux Eglises issues de la Réforme leur qualité d’Eglise ». Selon la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’Eglise catholique romaine est qualifiée de « seule véritable Eglise ». Cette précision était nécessaire à cause d’ « interprétations erronées » de déclarations du Concile Vatican II, justifie l’organisme du Vatican.

La FEPS constate non sans inquiétude que l’Eglise catholique romaine, « en se repliant sur elle-même, s’exclut de la communion universelle des Eglises ». En se tenant pour seule héritière de l’Eglise instituée par le Christ, affirme le communiqué, « l’Eglise catholique romaine remet en question des acquis essentiels du dialogue œcuménique ».

« L’Eglise n’est pas la vérité »

Dans la conception protestante, l’Eglise est partout où l’on prêche, où l’on célèbre la Cène et administre le baptême conformément à l’esprit de l’Evangile, et où l’Eglise assume sa responsabilité à l’égard du monde. « Un élément essentiel de cette conception est que l’Eglise n’est pas elle-même la vérité, mais a pour mission de faire voir la vérité en Jésus Christ. Les Eglises nées de la Réforme peuvent donc se considérer comme des Eglises à part entière et regarder l’Eglise catholique romaine comme une Eglise sœur ».

Les Eglises protestantes de Suisse déclarent leur ferme résolution de poursuivre leur cheminement en tant qu’Eglise de Jésus-Christ, « conjointement avec leurs frères et sœurs chrétiens catholiques romains, auxquels elles sont liées par une communauté de baptême et de foi ». La FEPS conclut que « notre mission commune est de célébrer les offices religieux, de porter témoignage de l’Evangile à la société et de nous mettre au service de nos frères et sœurs humains ».



Le Vatican précise une vision de l’Eglise différente de celle des réformés

Fribourg, 10 juillet 2007 (CES/Réd.) – La Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie un document qui porte le titre « Réponse à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Eglise ». Pour l’organisme du Vatican, les Communautés ecclésiales issues de la Réforme ne peuvent pas être considérées comme des « Eglises au sens propre ». Le président de la Conférence des évêques suisses (CES) estime cependant possible la poursuite du dialogue œcuménique.
Pour permettre une meilleure compréhension du texte, le président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Kurt Koch, a rédigé une « Introduction sur l’arrière-plan théologique ». Cette prise de position est disponible en français sur
www.sbk-ces-cvs.ch.

Le document du Vatican traite des problématiques sur lesquelles s’était exprimé, dans le même sens, déjà le Concile Vatican II. Il a donc un relief œcuménique particulier, puisqu’il souhaite éclaircir la signification de la doctrine léguée par le Concile sur l’Eglise, à savoir que l’Eglise établie par Jésus-Christ est réalisée (« subsiste ») dans l’Eglise catholique.
Points de vue différents
Mgr Koch rappelle que la plus grande difficulté actuelle du dialogue œcuménique réside dans la disparité de vues par rapport à la compréhension de l’Eglise. Les communautés issues de la Réforme se voient comme partie de l’unique Eglise de Jésus-Christ sous des formes différenciées. L’Eglise catholique, quant à elle, revendique de n’être pas seulement une partie de l’Eglise de Jésus-Christ, mais qu’en elle, cette unique Eglise se réalise concrètement. Ainsi, le document de la Congrégation pour la Doctrine de la foi rappelle que dans une conception catholique, les Communautés ecclésiales issues de la Réforme ne peuvent pas être dénommées comme « Eglises au sens propre ».
Dialogue possible
Pour la Congrégation pour la Doctrine de la foi, il est clair que ni les Communautés ecclésiales, ni l’Eglise catholique ne sont à même de reconnaître pleinement les doctrines réciproques sur l’Eglise. Cela signifie pour la Conférence des évêques suisses qu’aujourd’hui, nous pouvons poursuivre sur le chemin de l’œcuménisme et encourager le dialogue sur ces visions théologiquement très différentes à propos de l’Eglise.

© 2006 - 2009 catholink, tous droits réservés